Revisiter les options politiques pour plus d’emplois – ECOSCOPE


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par Alain De Serres, chef de division, et Peter Gal, économiste
Division de la surveillance structurelle, Service des études politiques, Département des affaires économiques de l’OCDE

Dans de nombreux pays de l’OCDE, le marché du travail n’a pas encore récupéré le terrain perdu à la suite de la crise financière. Dans certains d’entre eux, le chômage est constamment élevé, ce qui se traduit par une très forte incidence du chômage de longue durée. Cela reflète en partie la faiblesse de la demande, mais étant donné qu’une reprise lente a été une réalité pour de nombreux pays, un certain nombre de facteurs structurels contribuent également à la situation dans les pays les plus durement touchés.

L’amélioration de l’emploi nécessite une combinaison de mesures qui stimuleront la création d’emplois, encourageront la participation au marché du travail et faciliteront l’adéquation entre les emplois et les demandeurs d’emploi. Une étude récente de l’OCDE réévalue l’efficacité d’un large éventail de politiques structurelles du marché du travail pour stimuler l’emploi, en s’appuyant sur les connaissances d’un vaste volume de littérature économique et de nouvelles analyses empiriques. Outre le marché du travail global, il prend également en compte un certain nombre de groupes spécifiques du marché du travail, selon la dimension démographique (jeunes, personnes âgées, femmes, hommes) et la dimension des compétences (peu, moyennement et hautement qualifiés), ainsi qu’un grand nombre de politiques potentiellement bénéfiques.

Quatre domaines politiques se distinguent comme les principaux leviers de la politique du marché du travail, montrant un fort potentiel d’augmentation des taux d’emploi (voir la figure 1 ci-dessous).

  • Premièrement, une réduction de ce que l’on appelle le coin fiscal, c’est-à-dire la part des coûts de main-d’œuvre que les gouvernements perçoivent au moyen de l’impôt sur le revenu et des cotisations de sécurité sociale, stimule l’emploi global. Il le fait non seulement en rendant plus attrayant pour les entreprises l’embauche de travailleurs (canal de la création d’emplois), mais aussi en rendant plus attrayant pour les employés l’acceptation d’offres d’emploi, car ils perçoivent un salaire net plus élevé.
  • Deuxièmement, dépenser davantage pour les politiques d’activation, en particulier la formation professionnelle, facilite la recherche d’une bonne adéquation entre les compétences recherchées par les employeurs et ce que les employés peuvent offrir.
  • Troisièmement, les réformes des systèmes d’assurance-chômage visant à fournir une aide et des services de réemploi plus efficaces aux demandeurs d’emploi, tout en conditionnant plus fortement les prestations à l’intensité de la recherche d’emploi, renforcent les incitations à accepter les offres d’emploi, contribuant ainsi à une croissance plus forte de l’emploi.
  • Enfin, la recherche d’un système de négociation salariale qui augmente la réactivité des ajustements salariaux aux conditions du marché du travail, notamment en donnant aux entreprises plus de latitude dans l’application des conventions collectives négociées au niveau sectoriel, augmente également l’emploi.

AdeS et PGal Structurel

La source: Gal, P. et A. Theising (2015), « L’impact macroéconomique des politiques structurelles sur les résultats du marché du travail dans les pays de l’OCDE : une réévaluation », Documents de travail du Département des affaires économiques de l’OCDE, n° 1271, Éditions OCDE, Paris., Figure 5.

Note : Dans ces simulations, l’ampleur des réformes est choisie pour être d’une taille typique qui a été observée dans le passé. Plus précisément, il s’agit de l’amélioration moyenne des indicateurs politiques sur 5 années consécutives, dans l’ensemble des 25 pays et années de l’OCDE (1985-2011) inclus dans l’étude.

En dehors du domaine des politiques du marché du travail, l’assouplissement de la réglementation des marchés de produits – surtout, la libéralisation de l’accès aux marchés et donc l’augmentation de la concurrence – ont un potentiel supplémentaire de création d’emplois à moyen et long terme.

Fait important dans le contexte d’une croissance atone, toutes ces conclusions sont valables même dans l’hypothèse où le budget global de l’État reste inchangé, garantissant ainsi que les finances publiques ne seraient pas davantage grevées par la mise en place de ces réformes.

Enfin, notez que l’OCDE révise actuellement la Stratégie de l’OCDE pour l’emploi, qui approfondira plus en détail la conception et le mécanisme des politiques du marché du travail.

Références

Gal, P. et A. Theising (2015), « L’impact macroéconomique des politiques structurelles sur les résultats du marché du travail dans les pays de l’OCDE : une réévaluation », Documents de travail du Département des affaires économiques de l’OCDE, n° 1271, Éditions OCDE, Paris.



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