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Plus mûrs, les géants de la tech ont perdu de leur éclat en Bourse


Une première vue, tout va bien pour la Big Tech. La détente des taux d’intérêt de long terme a réduit la pression sur leurs valorisations alors que la Bourse a accueilli avec enthousiasme les résultats du premier semestre. Les poids lourds de la tech américaine ont à nouveau entraîné le rebond des grands indices boursiers.

Amazon a regagné près de 40 % depuis le milieu du mois de juin, Apple 27 % et Microsoft 17 %. A titre de comparaison, l’indice S&P 500, le plus large de Wall Street, a repris seulement 13 % dans le même temps. Les locomotives de la Bourse semblent ainsi toujours intactes. Le lendemain de la publication de leurs résultats, le titre Amazon s’est envolé de 10 % tandis qu’Alphabet (ex-Google) et Microsoft ont bondi d’environ 7 %.

« Une rupture historique »

Mais ces belles performances boursières masquent « une rupture importante, et historique pour ce secteur », selon Christian Parisot d’Aurel BGC. Les grandes valeurs tech « ne paraissent plus insubmersibles, comme lors de la crise du Covid-19 ; avec la maturité de plusieurs de leurs activités et face aux chocs inflationnistes, elles pourraient changer durablement de statut auprès des investisseurs », met-il en garde.

Les résultats des géants américains de la tech n’ont en effet plus rien d’exceptionnels. La croissance du chiffre d’affaires des sociétés du secteur au sein du S&P 500 s’est élevée à 8 % en moyenne au deuxième trimestre, selon les données compilées par Aurel BGC. Parmi les GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft), seuls Microsoft et Alphabet ont fait mieux, grâce à la bonne santé du cloud . Les revenus de Meta (ex-Facebook) sont même déclinés pour la première fois de son histoire.

Plus troublant, seul Microsoft enregistre une hausse de son bénéfice par action au deuxième trimestre, de 3 % seulement, alors que le secteur dans son ensemble affiche des gains moyens de 6 %. Amazon a supprimé 100 000 postes sur le trimestre, mais affiche tout de même des pertes de 2 milliards de dollars. Après des années de croissance débridée, encore accélérée avec les confinements provoqués par la pandémie de coronavirus, ces poids lourds sont-ils sur le point de caler ?

Quels réservoirs de croissance ?

Les investisseurs sont partagés. David Older chez Carmignac estime que les mastodontes n’ont pas dit leur dernier mot. « La croissance de la tech ralentit, mais c’est le cas de l’ensemble de l’économie. Si une régression se confirmait, l’hégémonie des poids lourds de la tech pourrait encore se retourner à Wall Street », juge-t-il.

« La grande question est de savoir si ils disposent de réservoirs de croissance », estime, quant à lui, Jacques-Aurélien Marcireau d’Edmond de Rothschild AM. « Ce qui est sûr, c’est qu’on ne verra plus des taux de croissance de 20 % à 30 % pour l’ensemble des méga-capitalisations de la tech », explique-t-il. Avec des chiffres d’affaires de plusieurs dizaines de milliards de dollars par trimestre, il est donc difficile d’afficher des taux de croissance à deux chiffres.

Pour le gérant, « il est nécessaire de se départir de l’acronyme des GAFAM pour parler des situations individuelles ». Les déboires de Meta éliminer les difficultés rencontrées par les sociétés qui s’adressent directement au consommateur, et ne bénéficient pas de barrière à l’entrée significative. Facebook s’est retrouvé concurrencé par TikTok, au moment même où la publicité numérique dans son ensemble marquait le pas.

« Ces dernières années, les dépenses publicitaires sur le Net étaient insensibles à la conjoncture grâce à la croissance de leur part de marché, mais aujourd’hui, elles pourraient subir l’impact des coupes dans l’investissement des entreprises », note Christian Parisot.

Valeurs refuges

Alphabet, Microsoft et Amazon peuvent, quant à eux, compter sur le développement de l’informatique dématérialisée (cloud) au sein des entreprises pour continuer à croître encore un moment alors que leurs activités historiques semblent proches de la saturation. Apple est pour sa part dans une situation atypique, sans opportunité claire pour attaquer de nouveaux marchés, mais avec de nombreux projets en soute (automobile, réalité virtuelle…).

Mais la marque à la pomme, tout comme les autres GAFAM, créé toujours des montagnes de cash, notamment grâce à ses iPhone qui représente encore la moitié de ses revenus. Elle a d’ailleurs montré l’exemple à suivre pour choyer ses actionnaires et son cours de Bourse, entre dividendes et rachats d’actions à foison . De fait, à l’exception d’Amazon, les ratios de valorisations (PER) des géants américains de la tech restent raisonnables, entre 13 fois les bénéfices attendus en 2023 pour Meta et 26 pour Microsoft. Très loin des sommets obtenus par exemple par Tesla (47).

A ces niveaux de valorisation, des gérants spécialisés dans les valeurs décotées (value) s’y intéressent. Le fonds JPMorgan US Value Fund détenait ainsi des titres Meta, Apple, Microsoft et Alphabet lors de sa dernière publication fin mars. Les pionniers de l’économie numérique sont aujourd’hui devenus des valeurs refuges, recherchées lorsque l’économie vacille.



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