Les défis qui attendent Ulrich Körner, le nouveau patron du Credit Suisse


Publié le 28juil. 2022 à 6:30

Retrouver la confiance des actionnaires. Voilà la mission principale confiée à Ulrich Körner, le nouveau patron du Credit Suisse, par le conseil d’administration de la banque helvétique. Son président, Axel Lehmann, a annoncé le remplaçant de Thomas Gottstein ce mercredi, lors de la présentation des résultats trimestriels du groupe.

« La nécessité de changer était là avant les résultats du second trimestre, a expliqué Axel Lehmann lors de la conférence de presse de mercredi. Mais leur caractère décevant a ajouté un sentiment d’urgence. » Credit Suisse a en effet affiché ses pires résultats au premier semestre en plus de deux décennies, avec une perte de 1,87 milliard de francs suisses.

Regagner la confiance des marchés ne sera donc pas choisi aisée. Pour y parvenir, le choix du conseil s’est donc porté sur un homme de confiance, qui a « l’expérience de la transformation », disposant d’un « jugement excellent » et ayant « prouvé au conseil qu’il a saisi l « urgence de la tâche » qui lui incombe, a expliqué Axel Lehmann. Même s’il était jusqu’alors responsable de la plus petite division en termes de revenus, de la gestion d’actifs.

Vastes chantiers

A 59 ans, Ulrich Körner est un historique de la banque suisse, où il a passé onze ans (entre 1998 et 2009), notamment en tant que directeur financier, avant de rejoindre la rivale UBS. Chez Credit Suisse, où il est revenu l’an dernier, il a été en charge de la remise sur pied de la branche gestion d’actifs grâce à « un virage stratégique » et « la mise en place d’une équipe très performante » . Surtout, il a démontré sa capacité en matière de réduction de coûts, a souligné Axel Lehmann.

Or, c’est l’un des axes essentiels du nouveau plan stratégique que le Credit Suisse a également annoncé mercredi – sans en présenter les contours précis -, et qu’Ulrich Körner sera chargé d’exécuter. Le Credit Suisse veut en effet réduire sa base de coûts de 17 milliards de francs suisses sur un à 15,5 milliards à moyen terme.

Sur sa feuille de route figure également un vaste remaniement de la banque d’investissement du groupe, qui a concentré une partie des problèmes ayant fragilisé la société ces dernières années. L’objectif fixé par le conseil est d’en faire une « activité bancaire à faible capitalisation et activée sur le conseil », selon Axel Lehmann. Les liens avec l’activité de gestion de fortune de la banque devraient également être renforcés.

Enfin, Ulrich Körner aura aussi pour mission de muscler la branche gestion d’actifs du groupe pour en faire un leader mondial.

Une stratégie similaire à UBS

Selon une note des analystes de la banque Citigroup, il s’agit d’une stratégie similaire à celle qu’a adopté UBS depuis 2012. Durant la dernière décennie, l’entreprise s’est fortement détournée de la banque d’investissement au profit de la gestion du patrimoine. La capitalisation boursière d’UBS est aujourd’hui presque quatre fois supérieure à celle de Credit Suisse, alors qu’elle était presque identique après la crise financière. A cette époque, Axel Lehmann et Ulrich Körner étaient tous deux en poste chez UBS.

Reste à savoir si le futur patron aura les moyens de mener à bien ces transformations. Première réponse dans trois mois lors de la publication des résultats du troisième trimestre, quand la banque dévoilera plus en détail les contours de son énième plan de relance.



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