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Le triple défi de l’agriculture et comment l’aborder


4 juin 2019 | Jonathan Brooks, Koen Deconinck et Céline Giner

Tous les jours, la nourriture que nous mangeons nous relie à un vaste réseau mondial d’agriculteurs, de marchands, de transformateurs, de distributeurs et bien d’autres acteurs de la chaîne alimentaire qui mène « du champ à l’assiette ». La plupart d’entre nous n’y pensent probablement pas lorsqu’ils mordent dans un fruit ou mangent un morceau de pain, mais ce système alimentaire mondial est au centre d’enjeux primordiaux pour l’humanité.

Les défis à relever

Commençons par le plus évident. Le système alimentaire mondial va devoir fournir une nourriture saine et nutritive à une population qui a passer de 7.5 milliards de personnes aujourd’hui à près de 10 milliards d’ici 2050. Non seulement il y aura plus de bouches à nourrir, mais, avec la hausse des revenus dans les économies émergentes et en développement, la demande de viande, de poisson et de produits laitiers va augmenter.

Toutefois, la production de nourriture n’est que l’un des aspects du système alimentaire. Le secteur agroalimentaire procure aussi un revenu à des millions d’individus. À l’échelle mondiale, la majeure partie des personnes extrêmement pauvres vivent en milieu rural, où la production alimentaire est souvent l’activité économique la plus importante. On estime qu’il existe à l’heure actuelle 570 millions d’exploitations agricoles dans le monde, et des millions d’autres personnes travaillent dans des secteurs liés à l’alimentation.

Le système alimentaire mondial a une large empreinte écologique. En fait, l’agriculture occupe près de 40 % de la superficie terrestre, loin devant toute autre activité humaine. De plus, l’irrigation des cultures représente 70 % de l’eau utilisée au niveau mondial, et l’agriculture contribue directement pour environ 11 % aux émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES) (principalement à cause du bétail). L’extension des surfaces agricoles peut conduire à la déforestation, à des émissions supplémentaires de GES et au déclin de la biodiversité.

Dresser la table pour se préparer à relever le triple défi

Ces trois défis – nourrir une population en expansion, procurer un revenu aux agriculteurs et protéger l’environnement –, nous devons nous y attaquer en même temps si nous voulons faire des progrès durables sur tous les fronts. Mais faire des progrès face à un “triple défi » n’est pas chose aisée, car les initiatives prises dans un domaine peuvent avoir des conséquences inattendues dans un autre.

Parfois, ces conséquences sont positives. Par exemple, accroître la productivité agricole peut tirer les revenus des agriculteurs vers le haut, augmenter les volumes et faire baisser les prix des

produits alimentaires proposés aux consommateurs, et – dans certains cas – réduire la pression sur l’environnement. D’autres fois, en revanche, les conséquences sont négatives et nécessitent de trouver des compromis. Par exemple, les mesures visant à améliorer la durabilité environnementale de l’agriculture peuvent alourdir les charges qui pèsent sur les producteurs et se traduire par des prix plus élevés pour les consommateurs.

En d’autres termes, les mesures qui s’attachent à un seul aspect du triple défi ont souvent des relations d’interdépendance positives (synergies) ou négatives (arbitrages) avec les deux autres — et une perspective monocentrique peut avoir des répercussions inattendues sur les autres objectifs. L’existence d’objectifs concurrents et d’interactions complexes, ainsi que la présence d’une multitude d’acteurs aux préoccupations différentes, devraient nous inciter à la prudence devant tout ce qui se présente comme un “remède miracle” au problème alimentaire de la planète.

Que peuvent faire les pouvoirs publics pour répondre à ces défis interconnectés ? Comment peuvent-ils savoir dans quel cas et à quel moment des objectifs risquent d’être conflictuels ? Que doivent-ils faire face à des parties prenantes qui s’opposent à des mesures de peur qu’elles nuisent à leurs intérêts ? Et comment doivent-ils coordonner leur action avec celle de leurs homologues dans d’autres pays ?

Pour essayer de donner un début de réponse à ces questions, l’OCDE a organisé un Forum mondial sur l’agriculture en mai 2019, afin de procéder à des échanges de vues sur les problèmes les plus graves auxquels le système alimentaire mondial est aujourd’hui confronté (le triple défi) et sur les obstacles qui empêchent de les surmonter. Des acteurs de l’ensemble du système agroalimentaire – agriculteurs, négociants, transformateurs, représentants des consommateurs, fournisseurs d’intrants agricoles, chercheurs, ONG de défense de l’environnement et décideurs politiques – ont été invités à prendre part au débat. L’OCDE s’appuiera sur leurs échanges pour mettre en évidence ce qui peut faire obstacle à l’élaboration de politiques meilleures pour le système alimentaire mondial, et les bonnes pratiques qui pourraient aider à avancer.

Les décideurs vont avoir besoin de nouvelles recettes

De la même façon qu’un bon repas est un repas équilibré, l’élaboration de bonnes politiques demande de trouver un équilibre entre les différent objectifs liés au triple défi auquel le système alimentaire mondial est confronté. Et de la même façon qu’un bon repas demande un cuisinier aguerri, mais aussi des ingrédients de qualité –les responsables politiques, mais aussi les nombreuses autres parties prenantes ont un rôle important à jouer dans l’élaboration de bonnes politiques Eu égard à l’échelle et à la complexité des défis à relever, les décideurs vont certainement avoir besoin de nouvelles recettes pour concocter des solutions au goût de tous.





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