Le logement dans la ville : stratégie urbaine, distance au centre et


  • La ville n’est pas un débat technique : la ville dense, l’éco-cité, la ville durable, l’étalement urbain, la ville sur la ville…

  • Les prises de parole de la population contre la densification des villes se multiplient. Elles s’inscrivent dans un contexte de changement dans la manière de présenter les enjeux de la programmation urbaine aux habitants. La ville solidaire et durable a remplacé la ville désirable et heureuse. Le récit urbain s’est uniformisé et technicisé. Se faisant, la distance entre la population et les concepteurs de la ville s’accroît. Il y a là un malentendu dans le sens où les discours volontaristes et systématiques sur la fabrique de la ville ne traduisent que très imparfaitement les projets et les intentions urbaines des collectivités.

  • La ville dense dans l’imaginaire des habitants c’est… La ville impersonnelle et anonyme, la « déshumanisation », la ville a-historique et « dépatrimonialisée », la ville stressante et dangereuse, la ville « des logés » et des petits espaces, la ville « archipleine », la ville « haute » et la ville des banlieues, la ville des urbanistes, des architectes, des partis-pris, des décisions volontaristes, ambitieuses et radicales, des gestes forts, de la symbolisation des choses…, la ville des promoteurs et des affaireistes, la ville inégalitaire.

  • Un enjeu incompris : Globalement les habitants ne deviennent pas à se projeter positivement dans un modèle de ville dense et de reconstruction de la ville sur elle-même… qu’ils définissent à la fois discutable en terme de développement durable (concentration des poches de pollution et des problèmes sociaux) et éloignés de la manière dont ils imaginent leur rêve résidentiel.

  • Les documents produits par les images ne réagissent pas totalement aux projets et à l’ambition de la collectivité et souvent cette densité des images fait réagir négativement les habitants. La question est de savoir si les collectivités expliquent bien ce qu’elles veulent faire à la population… et si leur projet est simplement de faire une ville dense, responsable, soucieuse de mixité sociale et d’environnement…Selon Jean-Paul Dollé : « La ville n’est pas qu’une idée spatiale, elle est aussi une idée mentale ». Il faut donc partir des individus dans la mesure où la ville exprime les modes de vie et donc l’évolution de la société. On reste dans une organisation uniquement territoriale. Comme le dit Martin Vanier : « Ou au XXIème siècle la bonne taille des systèmes d’action collective ne se définit plus par des limites comme l’obsession territoriale y pousse, mais par des réseaux d’acteurs et d’alliances y compris géographiquement discontinus. La réforme des territoires par les territoires ne permet plus d’accueillir les nouvelles formes d’organisation collective, qui doivent répondre à des problèmes de réseaux par des solutions en réseau. L’espace social n’est pas un territoire, mais bien en réseau. Désormais individu dessine à partir d’une offre foisonnante sa propre carte de pratiques intermittentes, exceptionnelles ou non, y retrouve d’autres individus qui ont fait les mêmes choix de loisirs, et se construit ainsi à travers des collectifs situés et éphémères, de lieux en lieux dans un espace très vaste. Cet espace–là des « nous » temporaires n’est pas plus un territoire, mais un ensemble de lieux, de « spots », et de rendez-vous qui leur sont associés. »

  • Qui doit être le maître d’œuvre de cette ville « désirable » ? Le politique ! Il doit avoir une pensée, des projets et défendre des objectifs. À Rennes, nous menons depuis des décennies une vraie politique foncière. Sur achète des terrains. Résultat, nous avons essentiellement des opérations publiques. Il existe 70 Zones d’aménagement concertées (ZAC) sur notre agglomération. Si les promoteurs immobiliers ne se plient pas à notre exigence, ils peuvent passer leur chemin. Ici, nous partageons un « corpus » commun sur la manière de voir la ville et nous procédons en place les outils pour tenir cette exigence. Il ne sert à rien d’être d’accord sur des concepts, si on ne passe pas aux actes. La ville idéale existe-t-elle ? Il n’y a pas de connaissance parfaite de la ville, que des connaissances fragmentaires. La perfection n’est pas de ce monde. Mais il faut y tendre, dans un état d’esprit d’écoute et de décision. On crée toujours des problèmes en fabriquant la ville.



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