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Le chancelier Olaf Scholz a sommé de s’expliquer sur la fraude fiscale des « cum-ex »


« Je l’ai déjà dit pendant des heures et je le redirai encore autant de temps qu’il faudra : il n’y a pas eu d’intervention politique » dans l’affaire des « cum-ex », a affirmé le chancelier Olaf Scholz lors de sa récente « conférence de presse de l’été ».

Rattrapé par la plus grande affaire de fraude fiscale de l’histoire allemande, le chancelier devra pourtant convaincre la commission d’enquête du Parlement de Hambourg, ce vendredi, qu’il est toujours aussi droit dans ses bottes.

Les élus régionaux veulent savoir pourquoi l’administration fiscale de Hambourg a décidé en 2016 de ne pas réclamer 47 millions d’euros indûment perçus par la banque privée MM Warburg, lorsqu’Olaf Scholz était maire de la ville hanséatique.

Ils s’intéressent en particulier à ce qui s’est passé entre octobre et novembre 2016 : entre le moment où des fonctionnaires des impôts avaient plaidé pour un redressement fiscal et celui où ils y ont finalement renoncé.

Entre ces deux dates, le copropriétaire et ancien directeur de Warburg, Christian Olearius, aurait rencontré à plusieurs reprises le maire de Hambourg, qui était alors Olaf Scholz, et le sénateur (ministre régional) aux Finances Peter Tschentscher, qui n’est autre que l’actuel maire de la ville.

Les carnets noirs d’Olearius

Celui qui est entre-temps devenu chancelier n’a longtemps reconnu qu’un seul entretien avec Christian Olearius pour « entendre son point de vue ». Cette position pourrait se défendre tant « la Warburg » est importante pour la ville de Hambourg : elle finance ses compagnies maritimes depuis le XVIIIe siècle.

L’ancien banquier avait toutefois toutefois une manie fâcheuse pour Olaf Scholz : tenir un journal de bord dans des carnets de cuir noir, qui sont tombés dans les mains de la justice et des journalistes d’investigation de l’hebdomadaire « Stern » et de « Manager Magazin ». Or selon ces carnets, Christian Olearius aurait rencontré à trois reprises le maire Olaf Scholz.

Interrogé sur ces rencontres par la commission des Finances du Bundestag lors d’une réunion à huis clos en juillet 2020, Olaf Scholz aurait confirmé à plusieurs reprises ne « se souvenir de rien ».

Une fraude de 169 millions pour Hambourg

Les sommes perdues par son administration fiscale avaient pourtant de quoi marquer les esprits : entre 2007 et 2011, Warburg se ferait rembourser un indûment total de 169 millions d’euros d’impôt par le fisc de Hambourg.

La banque privée avait alors joué sur les failles du système d’échange d’action avec (cum) et sans dividende (ex), qui a permis à des centaines de banques et d’investisseurs de percevoir du fisc des remboursements d’impôts qu ‘ils n’avaient jamais payés.

Warburg a reconnu ses erreurs et a été condamné par la justice à rembourser au fisc 176 millions d’euros, intérêts compris. Un ancien mandataire et un ancien directeur de la société d’investissement de Warburg ont également été condamnés à la prison pour fraude fiscale aggravée.

L’intervention d’Olaf Scholz pour éviter un redressement fiscal à la banque de Hambourg reste en revanche à prouver. « C’est une affaire dans laquelle l’administration hambourgeoise, le maire et le sénateur des finances se sont comportés de manière tout à fait correct », affirmait-il en avril 2021.

Le parquet précise toutefois sa toile autour de l’ancien maire de Hambourg. En septembre 2021, deux jours après l’élection qui l’a menée à la Chancellerie, les enquêteurs sont tombés sur une conversation WhatsApp compromettante entre deux fonctionnaires des impôts de la ville.

Les partis d’opposition ne manqueront pas d’interroger Olaf Scholz ce vendredi sur ses trous de mémoire. Un mauvais timing pour le chancelier alors que l’Allemagne redoute une crise politique cet automne face à la hausse des coûts de l’énergie et la baisse du pouvoir d’achat.



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