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Et si c’était le moment de passer à l’individualisation des frais de chauffage ?


Un rattrapage après un faux départ ? L’individualisation des frais de chauffage (IFC), c’est-à-dire l’installation de compteurs individuels ou de boîtiers répartiteurs sur tous les chauffages, a été engendré en 2017 (touchant progressivement les copropriétés les plus énergivores pour ne plus épargner que celles dont la consommation est supérieure à 80 kWh/m²/an, ce qui exclut les habitations dont le DPE est classé A ou les meilleures en B) et est obligatoire depuis plus de 2 ans dans les copropriétés. Mais elle reste loin d’avoir convaincu la majorité. “Aujourd’hui, seules 35 % des copropriétés françaises pratiquent l’individualisation des frais de chauffage, déplore Laurence Battle, présidente de Foncia. Nos voisins allemands, autrichiens ou danois, ne sont pas loin de 100 %. Il reste encore 3 millions de copropriétés à équiper.»

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Il faut dire qu’à ses débuts, le principe n’avait pas mal été décrié notamment par des associations de consommateurs qui mettaient en doute l’efficacité des systèmes de mesure et rappelaient que la nécessaire localisation de boîtiers de mesures pouvait s’avérer aussi bien pour les locataires que pour les propriétaires. Avec l’explosion des coûts de l’énergie, la donne pourrait bien changer, les économies d’énergie couvrant rapidement les surcoûts pour s’équiper de boîtiers de mesure. Chez Ocea, société spécialisée de ce secteur qui revendique la gestion de cette individualisation pour 400.000 des 1,5 millions de logements équipés en France, sur un enregistré une hausse de la demande d’équipement de 400% ces derniers mois.

15% d’économie

À en croire le président du groupe Ocea, Emmanuel Croc, à raison de 7 euros par un tout compris pour un boîtier, il faut débourser une quarantaine d’euros par un pour équiper un appartement moyen de répartiteur. Ou, rappelle le consultant spécialisé Christian Cardonnel, l’économie d’énergie annuelle serait de près de 150 euros (avec une énergie bon marché) pour un 3 pièces de 65 m² avec une étiquette D (consommation : 200 kWh/an/m²) . Le compte serait alors vite fait pour constater que l’opération est louable. Selon une étude réalisée par l’ADEME en 2019, l’installation de répartiteurs de frais de chauffage, débouche, dans la plupart des cas, sur une baisse de la consommation énergétique de chauffage de 10 % à 30 %, la fourchette de gains la plus “probable” se situant autour de 15%.

Rappelons qu’il existe une seconde technique pour l’individualisation (selon le type de chauffage de l’immeuble), le compteur d’énergie thermique, pour laquelle aucune étude n’a été effectuée, mais dont l’ADEME admet que les résultats doivent être comparables. Par ailleurs, la consommation individualisée ne tient pas seulement compte des informations fournies par le boîtier mais aussi de la surface et de l’étage du logement. Et pour être tout à fait cohérent, la mise en place de cette individualisation devrait généralement s’accompagner de l’installation de robinets thermostatiques, ce qui peut représenter un coût non négligeable (mais ce sont aussi des équipements subventionnables).

Rester maître de sa consommation

Malgré ces forts atouts sur le papier, la partie est loin d’être gagnée. Martine Vansanten-Aguilé, qui en tant que présidente du conseil syndical de sa copropriété d’Eaubonne (Val d’Oise) qui s’est battue dès 2018 pour appliquer l’individualisation des frais de chauffage, en est une illustration. Elle a défendu ce principe car sa copropriété est constituée de trois résidences dont deux ont procédé à un ravalement sans isolement, contrairement à la sienne. Elle note que dès la première année de mise en place des boîtiers, la baisse de consommation a été sensible. Mais elle est remontée ensuite, confinement oblige, et la facture continue à grimper avec la hausse des coûts de l’énergie. Par ailleurs, elle note que les nouveaux propriétaires ne se préoccupent pas pour cela des boîtiers réglés à leurs radiateurs, s’en débarrassant parfois avoir changé de chauffage… Ce qui par conséquent fausse les calculs.

Rappelons enfin que le système n’est pas doté de vertueux pour des économies d’énergie que si l’on accepte de chauffer son logement moins que la température cible réclamée en commun… Ceux qui ne sont pas prêts à réduire leur consommation d’un iota ne tireront que des frais supplémentaires avec cette individualisation. « Cette individualisation doit clairement continuer à se prouver, estime Maxime Desrousseaux, directeur commercial habitat & collectivités pour Dalkia en Île-de-France. Pour accepter ses charges, il faut pouvoir se dire que l’on est maître de sa consommation. Et donc, si je suis sobre, il faut que je sois récompensé.»



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