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En France, l’État met sur sa garantie pour booster les prêts étudiants


D’une crise à l’autre. A peine sortis de la crise sanitaire, les étudiants doivent désormais composer avec un contexte économique tendu, sur fond de ralentissement de l’activité et d’inflation galopante. Cette dernière n’épargne pas les jeunes : le baromètre annuel de la Fédération des associations générales étudiantes (Fage) précise que le coût de la rentrée devrait augmenter de 7,3 % cette année .

Un contexte qui pousse à la contraction de prêts étudiants. « Le nombre de prêts étudiants contractés auprès de La Banque Postale a augmenté de 6 % en juillet sur un an, pour un montant moyen de 15.000 euros », explique Olivier Morin, spécialiste des produits étudiants au sein de La Banque Postale.

De manière plus globale, selon une enquête de l’Union nationale des étudiants de France (UNEF), 300 000 emprunts bancaires sont contractés par les étudiants chaque année, représentant environ 10 % de la population totale étudiante.

Taux attractifs

Des chiffres importants, mais qui restent sans commune mesure avec les tendances révélées outre-Manche et outre-Atlantique. Au Royaume-Uni, 20 milliards de livres (environ 23,7 milliards d’euros) sont prêts chaque année à 1,5 million d’étudiants. Aux Etats-Unis, la pratique est encore plus généralisée : en juin 2022, l’encours de prêts étudiants s’élève à plus de 1.700 milliards de dollars (incluant les prêts privés), selon la Fed.

Cela s’ajoute des taux d’emprunt plus importants – ils sont indexés sur l’inflation au Royaume-Uni -, alors qu’en France, le taux est souvent inférieur à 1 %. « La clientèle jeune est stratégique pour nous, explique Olivier Morin. Avec le prêt immobilier, le crédit étudiant est l’un des moyens les plus efficaces pour fidéliser un client. » Ce qui justifie de rogner sur ses marges, même en période de remontée des taux.

Toutefois, si le recours au prêt étudiant reste mesuré en France, du fait du système de bourses et de la gratuité de nombreux établissements d’études supérieures, le contexte varie. L’augmentation progressive des frais de scolarité dans les écoles publiques et privées – due à une baisse des dotations étatiques – accentue le recours à l’emprunt.

Une garantie remboursée

Pour répondre à cette tension, le gouvernement a opté pour un renforcement du système de prêts garantis par l’État, distribués par les banques. Mis en place en 2008, le dispositif permet aux étudiants âgés de moins de 28 ans d’emprunter jusqu’à 20.000 euros pour financer leurs études, sans apport personnel ni garantie parentale. Bpifrance garantit l’emprunt pour le compte de l’Etat à hauteur de 70 %.

Dans le cadre du plan France Relance, le gouvernement a augmenté la dotation autorisée à l’organisme de financement public, ce qui permettra de quintupler le nombre de prêts étudiants garantis par l’État en 2021 et 2022. 50.000 prêts pourraient ainsi être attribués annuellement aux étudiants. Paradoxalement, ces prêts sont plus chers car il faut payer la garantie. « Selon la durée, leur taux peut monter jusqu’à 3,3 % », stipule Olivier Morin.

Ce recours croissant aux prêts est d’ailleurs dénoncé par la Fage. « Si le gouvernement a mis en place ce genre de dispositifs, c’est parce qu’il est conscient de la précarisation des étudiants, affirme Cécile Thevenet, attachée de presse du syndicat étudiant. Ce sont souvent les étudiants issus de la classe moyenne inférieure qui ont recours à ces emprunts. Nous estimons qu’il faut des mesures plus structurelles pour répondre à ces problématiques. »



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