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des agents du fisc sous le choc après la mort de leur confrère


« C’est de plus en plus tendu », « ça peut partir au quart de tour » : au lendemain de la mort violente d’un collègue dans le Pas-de-Calais, plusieurs agents du fisc interrogés par l’AFP ont témoigné mardi de leur stupeur et d’une violence croissante lors des contrôles.

« Est-ce que c’est lié au Covid, à la suite des confinements, à la conjoncture économique ? Ou alors (est-ce que) c’était tout à fait un cas à part ? C’est difficile à dire », affirme sous le couvert de l’anonymat une agente qui fait la vérification fiscale depuis plus de dix ans.

« Mais au quotidien, on ressent quand même qu’il y a un peu plus d’agressivité » et « c’est de plus en plus tendu », raconte-t-elle.

Cette personne interrogée par l’AFP avait côtoyé durant ses études l’inspectrice qui accompagnait le chef de brigade tué lors du contrôle.

« J’ai fait l’Ecole nationale des impôts, ma formation d’inspectrice, avec elle », précise-t-elle.

« C’est d’autant plus choquant puisque c’est proche de nous finalement. On se dit que ça aurait très bien pu nous arriver », soupire-t-elle.

« Sans demander de parler du cas tragique d’hier, on sent bien que les gens sont de plus en plus tendus », confirme une de ses collègues.

« Donc le fait de venir contrôler vient rajouter un élément supplémentaire à leur état d’esprit tendu », poursuit cette agente qui travaille aux Finances publiques depuis plusieurs décennies et fait de la vérification fiscale depuis une dizaine d’années.

Dans la gamme des violences rencontrées par les vérificateurs, « ça peut être quelqu’un qui n’est pas du tout coopératif, quelqu’un qui est en opposition en ne vous répondant pas, ou alors (quelqu’un à qui vous) répondez les documents pour lui signaler que vous allez faire un contrôle et (le jour du contrôle) il n’y aura personne », explique l’agent.

« Après, (la personne contrôlée) peut être là mais ne pas être coopérative ou s’énerver à la moindre information que vous lui donnez. Ca peut partir au quart de tour », regrette-t-elle.

« On n’est pas formé pour ce genre de choses. On a juste eu une étape d’une journée sur la gestion des conflits il y a quelques années », relate cette vérificatrice.

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Cette formation consiste en « une journée où on nous dit ce qu’il y a lieu de faire en cas de situation conflictuelle ». La plupart du temps, on vous dit qu’il faut partir, mais parfois le conflit s’installe sur plusieurs visites », souligne-t-elle.

Mardi, ses collègues des autres services du fisc se montraient tout aussi abasourdis.

« C’est extrêmement choquant de se faire assassin dans l’exercice de son métier », témoigne un agent. « De mémoire, c’est la première fois qu’il se passe quelque chose de terrible comme ça dans notre administration. »

« C’est un sacré événement quand même, ça nous choque, ce sont des collègues » qui ont été agressés, s’exclame une autre agente interrogée par l’AFP.

Le chef de brigade « faisait simplement son travail. C’est incroyable qu’au XXIe siècle on puisse avoir des comportements comme ça », terminée-elle.



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