Avis | Assumer ses valeurs, c’est avant tout en créer !


Publié le 28juil. 2022 à 17:48Mis à jour le 28 juil. 2022 à 17:55

Bien que ce secteur incarne l’économie du sens , il ne détient plus le monopole de l’intérêt collectif. Le nombre croissant d’entreprises à mission le démontre : des voix nouvelles et toujours plus de nombreux élèvent quotidiennement pour agir de façon positive sur le monde. Cette fin de monopole se retrouve aussi dans l’attractivité de l’ESS, qui s’effrite, notamment chez les jeunes qui, pour certains, se sentent de ce modèle d’entreprendre.

Affirmer des valeurs ne suffit plus pour séduire les talents et les retenir dans la durée. Encore faut-il avoir un impact concret sur le réel. Ou, dans ce champ, la concurrence avec d’autres sociétés se fait plus forte. D’autant plus forte que les entreprises de l’ESS sont confrontées aux mêmes défis que le secteur privé traditionnel : durabilité du modèle économique, capacité à innover en continu, nécessité d’investir pour l’avenir.

Se faire le chantre de la valeur économique

Il nous faut donc sortir de la sempiternelle opposition entre ceux qui défendraient l’intérêt général et les autres qui n’auraient à cœur que de s’enrichir. L’affirmation des valeurs ne doit pas devenir le cache nez de la misère économique et de l’incapacité politique à se réinventer.

A ne parler qu’à soi-même, on en oublie d’agir. C’est pourquoi nous pensons que l’ESS doit se faire le chantre de la valeur, et non plus seulement des valeurs. La valeur peut être économique, mais aussi sociale ou environnementale. Elle est la clé de voûte d’une économie qui pourrait s’élever face aux défis du siècle . L’ancrage local, les expertises requises, l’engagement des acteurs, l’innovation en prix avec les besoins sociaux… sont des atouts de l’ESS qui restent insuffisamment exploités.

Loin d’être résignés, nous croyons au contraire dans les capacités de celles et ceux qui font vivre l’ESS à prendre conscience de cet enjeu. Et les transformations nécessaires sont évidemment colossales. Une transformation d’abord, des modèles économiques qui doivent se diversifier, s’hybrider, penser le temps long pour regagner en liberté et capacité d’agir. L’État doit évidemment prendre sa part de responsabilité dans cet accompagnement, sans utiliser ce prétexte pour se désengager de son soutien essentiel.

Un projet social

Une transformation ensuit interne : celle du rapport et de la valeur attribuée au travail. Une entreprise de l’ESS, c’est avant tout une entreprise « de transmission ». Il ne s’agit pas de transmettre une propriété ou un capital quelconque, mais un projet social et des compétences.

Une transformation des modes d’engagement, ce qui implique de penser au bénéficiaire, au militant, mais aussi au salarié, qui est aussi au cœur de la valeur produite par l’entreprise. Et cette valeur se doit de leur être répartie : niveau de salaire, évolution de carrière, modes de travail… Ces défis importants s’adressent aussi à la nouvelle ministre en charge de l’ESS et de la vie associative.

Si le changement ne peut se décréter, il peut et doit s’accompagner. C’est le destin de l’ESS qui se joue, de sa pertinence et de sa modernité. Mais au-delà, c’est aussi le destin de notre économie qui s’écrit.



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