Acquérir les bonnes compétences en Afrique du Sud – Skills and Work


Par Marieke Vandeweyer

Blogue59.0L’Afrique du Sud a souffert d’un chômage constamment élevé et de faibles taux de participation à la population active. La sous-utilisation des compétences qui en résulte est un gaspillage de précieuses ressources productives et est susceptible d’entraîner une dépréciation et une obsolescence des compétences. Ne pas avoir les bonnes compétences en premier lieu empêche également de nombreux Sud-Africains d’entrer sur le marché du travail ou de progresser vers des emplois plus stables et mieux rémunérés. Ces problèmes sont particulièrement aigus chez les jeunes, les personnes issues de milieux défavorisés et les personnes peu qualifiées, ces trois groupes se recouvrant largement. Notamment, alors que les jeunes représentent une grande partie de la population en âge de travailler en Afrique du Sud, près d’un sur trois n’a pas d’emploi ni ne suit d’études ou de formation.

Pour aider les autorités sud-africaines à tirer le meilleur parti de leur capital humain, l’OCDE a publié le Acquérir les bonnes compétences : Afrique du Sud rapport. Le rapport fait partie d’une série d’études par pays qui se penchent sur la question des déséquilibres des compétences, en s’appuyant sur les données de l’OCDE Compétences pour les emplois indicateurs.

Les déséquilibres entre l’offre et la demande de compétences sont importants en Afrique du Sud. Alors que le niveau d’instruction est en hausse, de nombreux Sud-Africains quittent le système éducatif avec de faibles compétences de base avant de terminer le deuxième cycle de l’enseignement secondaire. Cela rend les jeunes quittant l’école mal équipés pour faire face aux exigences du marché du travail actuel, dans lequel les compétences cognitives font défaut tandis que les compétences manuelles et physiques sont excédentaires (figure 1).

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L’Afrique du Sud est également confrontée à une forte inadéquation des qualifications et des domaines d’études (Figure 2). La disponibilité limitée de travailleurs hautement qualifiés signifie que les employeurs à la recherche de travailleurs hautement qualifiés dans des secteurs émergents et innovants n’ont eu d’autre choix que d’embaucher des travailleurs sous-qualifiés. Dans le même temps, le grand bassin de diplômés du secondaire sans emploi disponibles a entraîné le déplacement de ceux sans qualification, car les employeurs à la recherche de travailleurs peu qualifiés embauchent des diplômés du secondaire à la place, générant une surqualification. Le résultat est une incidence stupéfiante de 52% d’inadéquation des qualifications en Afrique du Sud. En outre, plus de 30 % des travailleurs sud-africains sont employés dans une profession sans rapport avec le domaine d’études de la qualification qu’ils détiennent.

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La promotion du développement des compétences est une priorité clé dans de nombreux plans et stratégies du gouvernement sud-africain, et plusieurs mesures ont été prises pour mieux aligner l’offre de compétences sur la demande. Cela comprend : un système de bourses et de prêts pour investir dans l’éducation et la formation continue ; un Fonds national des compétences pour financer certains programmes de développement des compétences afin de répondre aux besoins du marché du travail ; et des outils de reconnaissance des compétences pour les personnes sans qualification formelle. Pour mieux orienter le développement des compétences, un système d’orientation professionnelle a été développé et les employeurs sont encouragés à proposer une formation sur le lieu de travail par le biais d’un système de taxe sur le développement des compétences et d’incitations fiscales à l’embauche d’apprenants. Enfin, l’entrée des non-ressortissants ayant des compétences en pénurie est facilitée par la mise en place d’un Critical Skills Visa.

Malgré ces efforts, plusieurs défis demeurent, notamment dans la mise en œuvre de certaines des mesures mises en place. Le rapport de l’OCDE appelle à plus d’action, notamment :

  • Fournissez des conseils de carrière personnalisés aux étudiants dès le début, sur la base de meilleures informations sur les besoins en compétences.
  • Impliquer les employeurs dans la planification et la fourniture de l’enseignement professionnel afin de parvenir à un meilleur alignement avec les pratiques du lieu de travail et les besoins locaux.
  • Stimuler la formation en cours d’emploi en réduisant la charge administrative pesant sur les employeurs pour réclamer la taxe de développement des compétences et en promouvant les incitations fiscales existantes.
  • Promouvoir la reconnaissance des acquis auprès des salariés et des employeurs, ainsi que des chômeurs.
  • Intensifier les efforts de formation des chômeurs et faire du Service Public de l’Emploi un guichet unique où ils peuvent obtenir des conseils et s’inscrire à des formations adaptées.
  • Renforcer le rôle des autorités sectorielles de l’éducation et de la formation pour qu’elles servent d’intermédiaires entre les employeurs et les prestataires de formation.

D’autres recommandations politiques et exemples de bonnes pratiques d’autres pays peuvent être trouvés dans le rapport complet. Des résultats plus détaillés de la base de données Skills for Jobs pour l’Afrique du Sud sont décrits dans Compétences pour l’emploi profil de pays.



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